Visite de Biya à Paris. Le quasi silence de la presse française

Presse Française

Contrairement aux médias camerounais, la presse hexagonale n’a pas accordé une attention particulière à la visite du président camerounais en terre française.

Pas une seule image à la télévision de grande écoute que sont les chaînes du groupe France télévision, ou encore Tf1. Même pas les chaînes d’info comme I.télé, Lci, Bfm ou encore les télévisions orientées sur le monde telles France 24 et Tv5. L’actualité africaine y est marquée plutôt par l’offensive militaire au Mali, la visite de Hollande au pays des Bambaras, la crise égyptienne et les péripéties du président Morsi qui se trouve à deux mille kilomètres environ. Mais pas un mot sur son homologue camerounais, Paul Biya arrivé pourtant le 28 janvier 2013 à l’aéroport de Paris-Orly et descendu dans le Meurice, un hôtel situé non loin du palais de l’Elysée. 

En 48 heures après l’arrivée de Paul Biya en France, Le Monde, Le Parisien, Libération, Le Figaro, les principaux titres de la place n’ont pas jugé utile d’annoncer en terre de France, l’arrivée du président camerounais qui débarque à la tête d’une délégation officielle de 20 personnes dont 12 ministres et assimilés. Seule la séance de travail du 30 janvier à l’Elysée a poussé la presse gratuite à évoquer, le 31, la présence de Paul Biya en Hexagone. Mais davantage à travers le prisme de l’agenda de Hollande plutôt que celui d’un chef d’Etat conduisant une mission économique. Pis, le Quotidien a plutôt publié dans son édition de cette journée-là, une tribune de Marafa Hamidou Yaya devenu un des plus farouches opposants à Paul Biya.

Ainsi, jusqu’au 30 janvier (avant le frémissement suscité par la rencontre au sommet avec Hollande) les journalistes ne s’étaient pas attardés sur l’offre présentée au forum économique de la délégation camerounaise et le Medef, principale figure du patronat français. Cependant, quelques bloggeurs sur place sont revenus sur la visite du président camerounais. C’est le cas d’Alain Julien qui s’appuie sur une vieille édition du 20 octobre 2012 du quotidien Le Figaro pour remarquer qu’à travers sa rencontre avec Paul Biya, le président français deal avec « des dictateurs ». Ce bloggeur comme d’autres, place la rencontre du 30 janvier en droite  ligne de celle de Kinshasa tenue en marge du sommet de la Francophonie. Et constate que cela pourrait fragiliser l’opposition au Cameroun. 

C’est juste en fin de semaine, notamment samedi que les cadors de la presse hexagonale spécialisée dans l’économie et les affaires auront consenti à accorder quelques espaces au président camerounais. Et ce, en raison des échanges avec le Medef. Juste quelques filets dans la presse quotidienne. Car estiment-ils, «il ne s’agit pas de visite d’Etat ou officielle. Mais de simple mission économique sous des dehors de visite de travail. On ne pouvait pas faire mieux que cela», explique au Messager, un des responsables du service international du journal Le Monde.

Rodrigue TONGUE/Le Messager

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