Mali: intervention humanitaire ou manoeuvre antichinoise ?

Antiterrorisme ? Mission humanitaire ? Á moins que derrière ces beaux mots se cachent, comme d’habitude, d’autres choses bien peu avouables...

Les media occidentaux omettent bien de dire, par exemple, que Pékin et Bamako ont signé en septembre 2011 trois accords commerciaux d’importance pour la rondelette somme de 739 milliards de yuans. Les deux pays étaient représentés par le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, M. Soumeylou Boubèye Maïga, et par l’assistant au ministre du commerce de Chine, M. Yu Jianhua, qui s’était rendu dans la capitale malienne pour inaugurer le troisième pont à y avoir été construit.

Le premier accord (quelque 70 milliards de yuans) représente en quelque sorte un cadeau que Pékin a voulu faire au pays africain. Le second accord porte sur un prêt de cinq milliards de yuans, que Bamako utilisera pour financer des projets prioritaires qui seront identifiés par le gouvernement du Mali pour améliorer les conditions de vie de la population locale.

Le troisième accord prévoit quant à lui un financement de 619 milliards de yuans qui permettront à la Chine de participer, avec d’autres partenaires techniques et financiers du Mali, à la construction de l’important bassin hydroélectrique de Taoussa, près de Gao, dans la zone fréquentée par les milices djihadistes et touarègues. L’achèvement du barrage de Taoussa pourrait apporter un nouveau souffle au développement de l’irrigation indispensable à la culture du riz, mais aussi contribuer à la régénération de l’écosystème. Le barrage assurerait par ailleurs le développement de tout un réseau d’activités dans la région de Gao et de ses alentours.

Mais Pékin ne s’arrête pas en si bon chemin. L’empreinte chinoise se trouve également dans quantité d’autres projets au Mali dans des secteurs clefs comme l’éducation, l’industrie, la santé, la sécurité, les communications et les infrastructures. Il est évident, au vu des accords « gagnant-gagnant » qui permettent à Pékin et Bamako de tisser des liens de plus en plus étroits, que l’intervention française au Mali tombe à pic.

Derrière les beaux discours humanitaires de F. Hollande se cache en réalité bien autre chose, comme par exemple la volonté de l’Occident d’arracher l’Afrique sub-saharienne à l’influence de la République populaire de Chine. Un objectif parmi d’autres, me direz-vous... mais certainement pas le moindre.

Capitaine Martin

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